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S'enraciner pour faire face au vent des émotions

 

Accepter ce que ces problèmes induisent comme émotions, accepter ce qui arrive sans sombrer dans la victime ou réagir et vouloir tout changer ou vouloir nier ce qui est. Ce qui ne signifie pas cautionner sans broncher et se faire piétiner. C’est se dire ‘voilà ce qui arrive’ et après un grand respire ‘qu’est-ce que je fais avec ce qui arrive’. À quoi sert de ressasser le  ‘pourquoi ça m’arrive’ ? À qui sert-il? Attention, il ne s’agit pas de nier l’impardonnable mais plutôt se focuser sur ‘ce que je veux vraiment’. Il s’agit d’établir ce qui revient d’un bord au mental et de l’autre au cœur. De faire la part entre les deux. Au jugement succède alors l’humilité dont la racine renvoie à humus, la terre et à humain : je descends de la tour d’ivoire de mon juge intérieur, je pose mon fardeau d’accusations à terre.

 

Il y a ce que vous voulez et ce que la vie offre. Et parfois, on a l’impression que les éléments se déchaînent contre nous. Genre de suites ininterrompues d’obstacles, de pertes, de décisions malencontreuses. La vie charrie son lot de problèmes, de retards, de délais, de coups durs. En soi, il n’y a pas de mauvaises expériences, c’est nous par nos histoires, avec nos peurs, au travers de nos perceptions qui y rajoutons un goût désagréable.

 

Or, nous nous synchronisons en permanence sur nos émotions. Et qu’est-ce qui fait qu’une émotion sera teintée ‘positive’ et une autre ‘négative’. Ce qu’on en dit. Ce qu’on s’en raconte. Bref notre tête. Pourtant, il y a un événement. C’est un fait. Il est ni bon, ni mauvais. Si on parvient à accueillir les émotions qui arrivent en même temps (ou juste un peu après ou  un peu avant) l’événement et les vivre pour ce qu’elles sont, c’est-à-dire des émotions, sans entrer dans le délire de l’histoire folle qu’on commence à se raconter, alors on entre dans un espace de conscience.

 

 

Et dans cette mise à terre, au propre et au figuré, je trouve le moyen de décharger ces millions de volts de haine qui menaçaient de me détruire. Bref ne pas laisser les tracas, les heurts, les obstacles me faire baisser les bras. Justement les problèmes sont des occasions d’ajustement, sûrement des signes de changement nécessaires à apporter pour changer d’orientation.

 

C’est ça prendre conscience des mécanismes qui nous régissent. C’est ça avoir conscience de la situation. Et ce n’est pas nécessairement un processus facile, car il s’agit de reconnaître qu’en partie nous sommes responsables non pas de ce qui arrive mais de ce que nous en faisons.

 

C’est là que s’enraciner prend tout son sens : pour faire face aux vents des émotions.