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La peur

Il y a longtemps, bien longtemps – personne ne sait vraiment combien de temps – Lapin était un guerrier courageux et sans peur. Il s’était lié d’amitié avec Œil qui marche, la sorcière. La sorcière et Lapin passaient beaucoup de temps ensemble à jaser et à partager leurs expériences. Ils étaient amis très proches.

 

Un jour, alors qu’ils marchaient, ils s’arrêtèrent sur la piste pour se reposer. ‘J’ai faim’ laissa échapper Lapin. Œil qui marche cueillit une feuille, souffle dessus et donna une gourde d’eau à Lapin. Lapin but avidement mais ne dit pas un seul mot. Puis Lapin dit ‘J’ai faim’. Œil qui marche ramassa une pierre, souffla dessus et la changea en navet qu’elle donna à son ami. Lapin prit une bouchée, goûta et mangea tout le navet avec appétit. Mais une fois de plus, il ne dit pas un mot. Les deux amis continuèrent leur petit bonhomme de chemin sur la piste qui menait à la montagne. Alors qu’ils étaient presque rendus au sommet, Lapin trébucha, tomba, roula jusqu’en bas. Quand Œil qui marche le rejoignit, Lapin avait bien piètre mine. Elle utilisa un de ses baumes magiques pour le délivrer de ses douleurs et rebouter ses os brisés. Lapin ne dit pas un mot. Plusieurs jours passèrent et Œil qui marche se mit à chercher son ami. Elle chercha partout mais il restait introuvable. A bout d’idées, Œil qui marche arrêta ses recherches. Puis, elle croisa Lapin tout à fait par hasard. ‘Lapin pourquoi te caches-tu? Pourquoi m’évites-tu?’ demanda la sorcière.

 

Peur de toi

‘Parce que j’ai peur de toi. J’ai peur de la magie’, répondit Lapin tout tremblant. ‘Laisse-moi tranquille!’. ‘Eh bien’ réplique Œil qui marche. ‘J’ai utilisé mes pouvoirs magiques pour te soulager et voilà que tu me tournes le dos et refuses mon amitié’.

 

‘Je ne veux plus rien savoir de toi et de tes pouvoirs’ rétorqua Lapin sans même porter attention aux larmes que ses propos suscitaient chez Œil qui marche. ‘J’espère que je ne te retrouverai plus sur mon chemin et que je ne te reverrai jamais’. ‘Lapin’ dit Œil qui marche, ‘Nous étions jusqu’à maintenant de bons amis et de vrais camarades, mais c’est tout à fait fini. Je pourrais bien de détruire sur le champ, mais en souvenir du passé et des bons moments que nous avons partagés, je ‘n’en ferais rien. Pourtant, je te jetterai un sort, à toi et à ceux de ta race. Dorénavant, vous parlerez tant et si bien de vos peurs qu’elles se réaliseront toutes. Poursuis ton chemin car les douces médecins qui nous liaient d’amitié sont rompues’. Et depuis ce temps, Lapin attire les objets de ses peurs. Il se promène en criant: ’Aigle, j’ai peur de toi’. Si Aigle ne l’entend pas, il crie plus fort : ‘Aigle j’ai peur de toi. Aigle laisse-moi tranquille’. Aigle, l’ayant enfin entendu, s’amène et n’en fait qu’une bouchée. Lapin appelle ainsi les lynx, les loups, les coyotes et même les serpents jusqu’à ce qu’ils viennent.

 

Quelle est votre crainte?

Comme l’illustre cette histoire, quand vous avez si peur des tragédies, maladies, désastres de toutes sortes, ils redoutent tant de se faire prendre qu’ils attirent ce qu’ils craignent afin d’en tirer des leçons.

 

Ce à quoi vous résistez persistera. Ce que vous craignez le plus, vous le vivrez…

 

La peur se nourrit de vos croyances

C’est alors qu’une petite voix s’élève : ‘Oui mais pour cela, il faudrait que j’ai confiance en moi, sinon je n’y arriverais jamais’. C’est faux. Il y a un terrible malentendu sur la notion de confiance en soi. Beaucoup de gens en parlent comme d’une donnée qui devrait être déjà présente en eux, avant même qu’ils passent à l’action ou qu’ils prennent des décisions importantes pour eux-mêmes. Ils croient que la confiance en soi est un prérequis à posséder avant de tenter le moindre changement. Eh bien non, c’est exactement le contraire qui se passe : la confiance en soi est le fruit de l’action; c’est le résultat de décisions ou de démarches que l’on entreprend alors même qu’on est dans la doute ou la peur. C’est la base du succès de ce qu’on a entrepris en dépit de la peur que se construira la confiance en soi. (tiré de Maintenant ou jamais, p 158 – Christophe Fauré).